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Partagez votre fierté : Comment Jean-François aide les autres à s’accepter

juin 10, 2021

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Pour célébrer le mois de la Fierté, nous ferons part des expériences honnêtes et transparentes de certains membres LGBTQ2S+ de notre équipe et de la façon dont ils partagent leur fierté ce mois-ci et au-delà. Jean-François Houde est membre de notre équipe Rogers service Affaires. C’est une personne animée par le sentiment que « tous les êtres humains naissent égaux et que ce sont nos différences qui nous rendent uniques et magnifiques ».

Voici l’histoire de Jean-François.

Parle-nous de toi et de ton expérience d’affirmation de ton identité en tant que membre de la communauté LGBTQ2S+.

J’ai révélé mon identité sexuelle à l’âge de 18 ans en 1995. À cette époque, il y avait peu de modèles homosexuels que je pouvais suivre. À la télévision et dans des films, les homosexuels étaient présentés comme des personnes extrêmement féminines et désagréables, mais jamais comme des êtres humains ordinaires. Nous savons aujourd’hui que la communauté LGBTQ2S+ est bien plus que ce qui était connu ou compris à l’époque.

J’ai été victime d’intimidation presque toute ma jeunesse, car j’étais plus petit, plus mince et plus proche de mes émotions que les autres garçons à l’école. J’avais grandi avec l’image selon laquelle être homosexuel était la pire chose qui pouvait m’arriver, que ce serait une déception pour ma famille et que je serais rejeté. Comme j’étais différent des autres garçons, j’ai fini par passer la récréation avec les filles. Je participais à leurs jeux et je passais du temps avec elles, car les garçons ne voulaient rien savoir de moi. Même à cet âge, j’avais trouvé chez les filles des alliées qui m’acceptaient comme j’étais, peu importe ce que c’était. 

Avant d’annoncer la nouvelle, j’avais mal au ventre à l’idée que ma famille me rejette, me montre la porte et que je me retrouve seul. Mon plan était de laisser une lettre à mes parents pendant que je passais le week-end chez mon petit ami l’époque. Rien qu’en écrivant la lettre, je sentais déjà qu’un fardeau était disparu de mes épaules.

Les choses ne se sont pas passées comme prévu. Le lendemain matin, lorsque ma mère m’a réveillé pour aller travailler, elle m’a regardé et m’a dit qu’elle connaissait mon secret. Je me souviens d’avoir éclaté en sanglots à ce moment-là, car je pouvais encore sentir son amour et sa compréhension. Je lui ai ensuite demandé de le dire à mon père alors que j’allais être parti durant la fin de semaine.

Même si mes parents étaient compréhensifs et voulaient agir comme si rien n’avait changé, je sais qu’ils ont éprouvé des difficultés au début, mais ils ne m’ont jamais traité différemment. Avec l’appui des personnes les plus importantes pour moi, je pouvais faire face à n’importe qui et à n’importe quoi. C’est pourquoi j’ai trouvé la force d’affronter le monde et d’être à l’aise avec qui j’étais vraiment.

Comment as-tu vécu l’expérience sur le lieu de travail en tant que membre de la communauté LGBTQ2S+?

Pour moi, il n’a jamais été important que les gens connaissent mon orientation sexuelle au travail. Même si je ne le cache pas, je n’ai jamais été du genre à partager volontairement cette information à d’autres personnes et, à moins que cela ne soit lié à la conversation, je ne le mentionne pas vraiment. Bien que je n’aie jamais prétendu être avec une fille ou menti à propos de ma situation, je croyais simplement que mes préférences sexuelles ne me définissaient pas.

Après avoir participé à de nombreuses séances internes de discussion sans jugement pour les membres de l’équipe s’identifiant comme des personnes de race noire et leurs alliés, les Autochtones, les femmes, et la communauté LGBTQ2S+, au cours desquelles on invite les membres de l’équipe à partager leur histoire, je sens que je suis à l’aise avec qui je suis aujourd’hui. J’ai un rôle à jouer et, en partageant mon histoire, j’espère inspirer d’autres personnes qui ont vécu des situations semblables ou qui sont en train de les vivre.

Je crois que tous les êtres humains naissent égaux et que ce sont nos différences qui nous rendent uniques et magnifiques. Comme il a été mentionné dans la vidéo 9m 29s diffusée par le Conseil de direction pour la communauté noire et sur Sportsnet, la beauté d’un jardin provient de la variété de fleurs qui le composent.

Maintenant que vous avez du recul, quel conseil donneriez-vous au jeune Jean-François, pour qu’il se sente en paix avec son identité?

Je dirais au jeune Jean-François qu’en étant à l’aise avec qui je suis et en m’exprimant haut et fort, je pourrais aider les autres à surmonter leurs difficultés et les inspirer à accepter qui ils sont. 

Comment vas-tu partager ta fierté cette année?

Cette année, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour participer, être visible et prendre part aux événements internes du groupe-ressource Spectrum.

Merci d’avoir partagé ta fierté, Jean-François!