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Mois de l’histoire des Noirs – Réfléchir au passé et se tourner vers l’avenir pour les Canadiens noirs

février 12, 2021

Articles

L’honorable Jean Augustine et Funmi Oyapero sont deux pionnières dans leur domaine respectif et ont ouvert la voie à la prochaine génération de Canadiens noirs. En 1993, Mme Augustine est devenue la première femme noire à être élue au Parlement du Canada, et à peine deux ans plus tard, elle a présenté à elle seule une motion visant à créer le Mois de l’histoire des Noirs. Faiza Amin, de CityNews, s’est récemment entretenue avec Mme Augustine et lui a fait part des commentaires formulés au Parlement lors du lancement du Mois de l’histoire des Noirs :


À ce jour, Mme Augustine continue de souligner l’importance de célébrer et de reconnaître le travail important des Canadiens noirs, et encourage les jeunes Canadiens non seulement à se souvenir de nos héros canadiens noirs, mais aussi à perpétuer l’héritage pionnier que ces derniers leur ont légué. Funmi Oyapero est l’un de ces jeunes Canadiens.

À seulement 18 ans, Funmi s’est imposée en tant que leader en matière d’entrepreneuriat après le lancement de The Wholesale Princess (appelé à l’origine Goddess Girl Cosmetics) en 2018. Récipiendaire de la bourse d’études Ted Rogers, Funmi a été mise en nomination par le Jean Augustine Centre for Young Women’s Empowerment, un centre qui se consacre à l’autonomisation des filles et des jeunes femmes âgées de 7 à 17 ans au moyen de programmes axés sur l’art, les habiletés fondamentales, la réussite scolaire et le leadership.

Nous avons posé quelques questions à Mme Augustine et à Funmi à propos du Mois de l’histoire des Noirs, de leurs inspirations et de leurs pensées pour les jeunes Canadiens noirs :

Pouvez-vous expliquer le parcours qui vous a mené à présenter une motion à la Chambre des communes pour célébrer le Mois de l’histoire des Noirs au Canada? Qu’est-ce qui vous a inspiré ou qui vous a incité à faire adopter le projet de loi au Parlement?

Jean Augustine : Mon acharnement pour obtenir cette reconnaissance remonte à mes années dans le milieu de l’éducation alors que les manuels et les programmes d’études ne comportaient que très peu d’éléments concernant les Noirs et les Autochtones, et que je m’efforçais de combler cette lacune en intégrant ces notions à mes cours d’études sociales.

Alors au fait des célébrations aux États-Unis, reprises par la Toronto Negro Women’s Association, et de la proclamation de la Ville, j’ai décidé de passer à l’action lorsque j’ai eu vent que le ministre fédéral avait informé la Ontario Black History Society qu’il ne s’occuperait pas de cet enjeu. Dans mes démarches pour défendre cette cause, on m’a dit qu’en tant que députée, deux avenues s’offraient à moi, soit de déposer un projet de loi d’initiative parlementaire ou une motion de consentement unanime.  J’ai choisi la deuxième option, mais il fallait que je m’assure que tous les membres m’accordent leur confiance et m’appuient au moment de la présentation de ma requête.

Pouvez-vous décrire l’importance du Mois de l’histoire des Noirs et ce que cela signifie pour tous les Canadiens?

Jean Augustine : Le Mois de l’histoire des Noirs nous aide à mettre en lumière l’histoire des Canadiens d’origine africaine et à reconnaître que, par le passé, la population noire du Canada a joué un rôle important dans le développement de ce pays, de sa culture, de son économie et de sa structure politique.

C’est l’occasion pour TOUS les Canadiens de se familiariser avec cette communauté riche et colorée présente sur le territoire depuis 1603, avant que le Canada ne devienne une nation, et de prendre conscience de son apport à notre histoire.

Que signifie le Mois de l’histoire des Noirs pour vous?

Funmi : Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours été fascinée par l’histoire des Noirs et la lutte menée par les différentes figures emblématiques de la communauté avant ma naissance. Penser qu’à un moment donné dans l’histoire, je n’aurais même pas eu l’occasion de prouver ce dont j’étais capable aux yeux de tous simplement en raison de la couleur de ma peau est difficile à imaginer. Toute une génération de femmes plus intelligentes, plus fortes, plus audacieuses et plus talentueuses que moi n’a ainsi jamais été en mesure de montrer pleinement ce dont elles étaient capables, et tout cela, simplement en raison de la couleur de leur peau. Elles n’ont toutefois pas hésité à unir leurs forces et à lutter pour obtenir tout ce que je tiens pour acquis aujourd’hui.

Alors, comment puis-je abandonner dès le premier obstacle, alors qu’une légion de femmes courageuses ont trouvé le moyen de réussir alors qu’elles ne se sont pas vu offrir les mêmes occasions? Elles ont tracé leur propre voie, redessiné leur destin. Quand je me regarde dans le miroir, ce n’est pas seulement mon reflet que je vois, mais tout ce que je peux être, grâce à elles. Je vois Maya Angelou, Coretta Scott King, Alice Walker, Harriet Tubman, Mahalia Jackson, Ella Fitzgerald, Oprah Winfrey, Michelle Obama, Beyonce, Kamala Harris, Jean Augustine et tant d’autres femmes inspirantes qui ont brisé les plafonds de verre et permis à des femmes comme moi aujourd’hui d’atteindre les plus hauts sommets.  

Quel membre de la communauté noire vous inspire?

Funmi : De nombreuses personnes de la communauté noire m’inspirent tous les jours. Ma mère et mon père ont quitté le Nigeria avec leur famille pour le Canada il y a presque 15 ans, sans aucune aide. Ils ont laissé derrière eux tout ce qu’il connaissait pour me donner la chance d’avoir une vie meilleure. Mon père a décroché un doctorat en Amérique du Nord, malgré le fait que l’anglais était sa deuxième langue. Ses études ont été pour lui le moyen d’atteindre la réussite. Son parcours me conforte dans ma conviction qu’il ne faut jamais laisser tomber les études supérieures, malgré les difficultés. Et le fait d’avoir été témoin de tous les efforts déployés par ma mère pour démarrer une entreprise prospère au Nigeria, ainsi que la façon dont elle parvient à assurer la pérennité de cette réussite, m’encourage à ne pas abandonner lorsque je rencontre des obstacles.

Sans oublier Rosa Parks, une femme qui a marqué l’histoire des Noirs, mais aussi ma vie. Son histoire me rappelle que même les plus petits gestes de courage peuvent laisser leur marque et avoir une incidence majeure dans la société. Le courage dont elle a fait preuve me pousse à dénoncer les injustices autour de moi et m’aide à ne pas avoir peur des conséquences, notamment d’être considérée comme une autre de ces « femmes noires en colère ». Ces femmes n’étaient en fait que des femmes noires dotées d’une voix puissante qui n’avaient pas peur de se faire entendre.

Quelles paroles inspirantes transmettriez-vous aux jeunes enfants noirs d’aujourd’hui?

Jean Augustine : Je souhaite leur dire que tout est possible, à condition d’être déterminé et de travailler fort.  Rien n’est facile. Ayez un rêve. Faites preuve de respect. N’ayez pas peur de demander de l’aide et des conseils.

Funmi : Rosa Parks a dit un jour : « Vous ne devez jamais avoir peur de ce que vous faites quand vous faites ce qui est juste. » N’ayez pas peur de dire ce qui doit être entendu ou d’accomplir ce qui doit être fait, même si vous êtes la première personne à le faire. Il vous suffit d’être prêt à faire le premier pas et à tenter votre chance.