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Mois national de l’histoire autochtone – Nathan Martin nous fait part de ses sentiments complexes à l’égard de ce mois important

juin 22, 2021

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« … Pour moi, le Mois de l’histoire autochtone est synonyme de respect, d’éducation, de reconnaissance et d’espoir qu’il représente l’engagement de TOUS (moi y compris) à en apprendre davantage. »

Le Mois national de l’histoire autochtone est l’occasion de reconnaître le patrimoine, les langues, les pratiques culturelles et les croyances spirituelles des Premières Nations, des Inuits et des Métis et d’en apprendre davantage sur ces sujets. Cette année en particulier, le Mois national de l’histoire autochtone nous donne l’occasion de réfléchir à l’histoire et aux forces des peuples autochtones de Turtle Island.

Nathan Martin est un Métis qui fait partie de l’équipe Engagement communautaire et collaboration auprès des Autochtones de Rogers, une équipe composée de personnes autochtones et d’alliés qui se passionnent pour l’établissement de partenariats et de relations authentiques avec des communautés autochtones et des personnes de partout au pays afin d’aider à en faire plus. Qu’il s’agisse d’aider à combler le fossé numérique ou d’établir des liens pour les services destinés aux jeunes et à l’éducation, cette équipe exploite tous les aspects potentiels de la connectivité pour les communautés qui en ont été privées depuis tant d’années.

Nathan nous a fait part de ses réflexions sur ce que signifie pour lui le Mois national de l’histoire autochtone et des différentes émotions que suscite ce mois.

Que signifie le Mois national de l’histoire autochtone pour vous? 

Le Mois national de l’histoire autochtone suscite chez moi de nombreuses émotions. En tant que Métis, je ressens un sentiment de fierté et d’appréciation à l’égard d’une culture et d’une tradition; une occasion de célébrer et de respecter les racines et les valeurs familiales; une occasion de m’arrêter et d’absorber les histoires grâce aux nombreux fantastiques auteurs, réalisateurs, artistes et conteurs autochtones partout au pays et dans le monde. Une chance d’assister à des festivals et à des événements, en personne ou virtuellement.

D’un « point de vue canadien de la célébration », j’ai une vision beaucoup plus sombre des défis auxquels nos frères et nos sœurs et leur communauté font face aujourd’hui, sachant très bien comment ces défis sont survenus. Quoi qu’il en soit, le Mois de l’histoire autochtone pour moi est synonyme de respect, d’éducation, de reconnaissance et d’espoir qu’il représente l’engagement de TOUS (moi y compris) à en apprendre davantage.

Y a-t-il une personne de la communauté autochtone qui vous a inspirée ou qui vous inspire aujourd’hui? 

Mon grand-père a toujours été une source d’inspiration pour moi. Deuxième d’une famille de 18 enfants, il est né et a grandi dans le sud du Manitoba et s’est enrôlé très jeune dans l’armée, qui l’a mené partout au pays et dans le monde. Cependant, la conséquence pour avoir servi son pays est la négligence et la perte de la culture traditionnelle et des traditions, en plus de l’établissement d’un arbre généalogique distinct à l’extérieur de notre territoire traditionnel. Je me suis engagé personnellement à honorer son sacrifice et à prendre des risques, à en apprendre davantage et à mieux garder le contact avec mes racines, tout en essayant de servir le pays à ma manière dans le cadre de cette équipe de collaboration autochtone.

Quelles paroles inspirantes transmettriez-vous aux jeunes enfants autochtones d’aujourd’hui?

Arrêtez-vous, regardez et écoutez. Ce qu’il reste d’une génération qui essaie de nous parler diminue. De nos jours, il y a tellement de priorités concurrentielles (perçues et réelles), mais vous devez consacrer du temps et des efforts à la réappropriation. Pour les jeunes Métis, il peut s’agir de quelque chose d’aussi simple que d’apprendre à perler, à jouer du violon, à cuisiner avec un parent ou un grand-parent tout en apprenant quelques mots en michif par la même occasion. Mais il faut prendre le temps. Il existe une foule de ressources, mais vérifiez toujours la source. Mieux encore, profitez de l’expérience de ceux qui vous précèdent. La population de jeunes Autochtones augmente quatre fois plus rapidement que celle des jeunes non Autochtones au Canada et ces jeunes ont l’occasion de devenir nos plus importants influenceurs, innovateurs et conservateurs. Mais le savoir est essentiel et peut prendre plusieurs formes.

Quelles paroles inspirantes transmettriez-vous aux alliés de la communauté autochtone?

  1. Pour les privilégiés, l’égalité apparaîtra toujours comme de l’oppression. Gardez cela à l’esprit.
  2. Vous ne pouvez jamais avoir assez d’alliés. (Merci)
  3. Il n’y a pas de question stupide, alors posez-la. Continuez à apprendre. Continuez à explorer. Mais continuez à respecter.
  4. « Nous » ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons influencer l’avenir; toutefois, nous devrons tous travailler ensemble pour y parvenir.
  5. Démontrez votre véritable alliance et dénoncez la haine quand vous en êtes témoin. C’est la seule façon de lutter contre le racisme.
  6. Malheureusement ou heureusement, les votes motivent les décisions et les politiques. Continuez de soutenir et d’influencer les personnes occupant des postes décisionnels à tous les niveaux qui appuient la réconciliation avec les Autochtones.

Qu’est-ce que l’équipe Engagement communautaire et collaboration auprès des Autochtones représente pour vous, tant sur le plan professionnel que personnel?

L’équipe est une bouffée d’air frais. D’abord et avant tout, mes collègues sont motivés, diversifiés et professionnels, ce qui rend la participation quotidienne stimulante. C’est une occasion d’apprentissage chaque jour alors que je continue mon propre parcours de réappropriation. En tant que fier diplômé des programmes d’études autochtones et canadiennes de l’Université Trent, il s’agit d’une rare occasion de combiner directement les études et l’expérience pour façonner la politique et la pratique d’entreprise. Ayant passé les 15 dernières années à travailler dans les domaines des relations avec les intervenants et les gouvernements et du développement économique aux échelons fédéral et provincial, il s’agit d’une occasion de nous assurer de bien faire les choses lorsque nous faisons de premières impressions et que nous créons des partenariats durables et prospères avec les communautés autochtones pour les générations à venir.