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Mois national de l’histoire autochtone :  Leanne Harvey nous raconte comment elle célèbre ce mois en se réappropriant son mode de vie anichinabé

juin 13, 2022

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Tout au long du Mois national de l’histoire autochtone, nous mettrons en lumière des histoires personnelles et inspirantes de certains membres autochtones de l’équipe. Voici l’histoire de Leanne.  

Le Mois national de l’histoire autochtone est un moment dédié chaque année afin de souligner le patrimoine, les langues, les pratiques culturelles et les croyances spirituelles des Premières Nations, des Inuits et des Métis et d’en apprendre davantage sur ces sujets. En l’honneur du Mois national de l’histoire autochtone, quelques membres autochtones de l’équipe feront part de leur histoire.   

Leanne Harvey est une fière Anichinabée qui travaille depuis huit ans à titre de coordonnatrice des ventes, Rogers Sports & Média, au sein de l’équipe des ventes du Nord de l’Alberta à Edmonton. Étant la fille et la petite-fille de survivants du pensionnat Minegoziibe Anishinabe (Première Nation de Pine Creek) situé sur le territoire visé par le Traité numéro 4 dans la province du Manitoba, Leanne reconnaît qu’elle est ici grâce à la force et à la résilience des membres de sa famille. Voici l’histoire de Leanne.   

Quels sont certains des enseignements traditionnels qui t’ont été transmis?   

J’ai des traditions qui s’inspirent largement de la pratique chrétienne en Europe : fêtes d’anniversaire, célébrations de remise de diplômes, dinde à l’Action de grâces, ouverture de cadeaux après la messe de minuit et feux d’artifice la veille du jour de l’An. Cependant, j’ai récemment appris que ce sombre récit que j’avais toujours entendu parler était vrai : entre 1831 et 1996, le gouvernement du Canada et l’Église géraient les pensionnats partout au Canada. Le principal objectif était d’effacer systématiquement les identités culturelles des enfants autochtones par l’assimilation. Malheureusement, bon nombre des pratiques sacrées, des langues et des spiritualités des peuples autochtones, mon peuple au Canada, ont disparu. Celles qui ont subsisté ont été interdites ou abolies. Les enfants ont appris à avoir honte de leur identité. Depuis, de nombreuses personnes et communautés ont de la difficulté à réapprendre, à récupérer et à revitaliser ce qui a été pris.   

Les Autochtones sont des conteurs. Je chéris les histoires que ma mère racontait en préparant la bannique (leeban) dans la cuisine, ainsi qu’une belle courtepointe que ma grand-mère, maintenant décédée, avait confectionnée à partir de retailles de tissus à son travail de couturière. Cette courtepointe est maintenant ma couverture de guérison. De plus, je conserve un étui à crayons en cuir orné de mon nom ainsi que des céramiques que ma grand-mère avait confectionnées dans sa cabane de céramique. Ces souvenirs me tiennent à cœur et j’entends encore les rires. Je n’ai jamais su pourquoi j’ai conservé ces objets pendant toutes ces années, mais je sais maintenant pourquoi. Je travaille à retrouver mon identité d’Autochtone, et ces objets me rappellent mon origine et me donnent de la force, alors que je continue mon parcours. J’espère pouvoir transmettre ces histoires et bien d’autres traditions autochtones à mes enfants et à mes petits-enfants pour les générations à venir. 

Que signifie le Mois national de l’histoire autochtone pour toi?  

Le Mois de l’histoire autochtone signifie vivre ma vérité, trouver le courage d’utiliser ma voix et parler au nom de ceux qui n’ont pas pu s’exprimer. Ce fut un parcours épuisant, j’ai vécu dans deux mondes différents où je ne me sentais jamais à ma place. Il est temps pour moi de cesser d’avoir une vision coloniale et d’adopter une optique axée sur ma culture. C’est l’occasion pour moi d’en savoir plus sur l’histoire des Autochtones, de plonger dans la culture autochtone et de reconnaître les répercussions de la Loi sur les Indiens et du système des pensionnats sur les communautés autochtones et leur culture. Ça me donne la chance d’aider les autres à se réconcilier et à agir. Mais surtout, c’est un moment pour nous célébrer, les peuples autochtones.  

Comment vas-tu célébrer le Mois national de l’histoire autochtone?  

À titre d’Autochtones, nous devons célébrer notre histoire afin d’aider à mettre fin à la perte de notre culture. Célébrer notre histoire, c’est raviver notre fierté d’être Autochtones et souligner notre existence. Lorsque j’étais jeune, les pratiques sacrées, les langues et les spiritualités des peuples autochtones du Canada étaient interdites ou abolies. Le Mois national de l’histoire autochtone est essentiel pour préserver notre culture autochtone et travailler à récupérer les identités autochtones volées.   

Il y a tant de façons de célébrer. En ce moment, j’apprends l’ojibwé, je lis des livres, je consulte des médias autochtones, j’écoute des balados et de la musique et je prévois assister à quelques événements à Edmonton et dans les environs. Je célèbre pour mes enfants, mes petits-enfants et tous les enfants autochtones afin de leur offrir une vie meilleure et un avenir dans lequel ils ne seront pas forcés à suivre une seule voie, n’auront pas à quitter leur cercle, ne perdront pas leur voix et ne seront pas jugés et mal compris. En somme, ils peuvent vivre leur vérité.   

Y a-t-il quelque chose que tu souhaites que les membres de ton équipe Rogers et les personnes alliées de la communauté autochtone sachent?  

Je veux encourager les gens à se renseigner sur le passé et à voir notre pays sous son plus mauvais jour. Apprenez ensuite à nous connaître et découvrez notre histoire et notre culture, car elles sont magnifiques. Même moi j’apprends des choses alors que je continue mon parcours afin de mener une bonne vie.    

Que signifie pour toi le Réseau des Autochtones de Rogers?  

Le Réseau des Autochtones de Rogers est mon lieu sûr. C’est un endroit où nous pouvons être authentiques. Notre groupe, petit mais puissant, aide à motiver, à inspirer et à soutenir les employés autochtones et les personnes alliées. Les connaissances que j’ai acquises et les personnes que j’ai rencontrées m’ont donné la force d’être moi-même. Je suis tellement reconnaissante des expériences, des relations et du travail significatif que nous accomplissons. Ce n’est pas facile, mais tellement enrichissant. Gichi Miigwetch.