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Mois national de l’histoire autochtone : Jennifer Campeau souligne l’importance de « se souvenir de ceux qui étaient là avant nous et de ce qu’ils ont enduré pour que nous puissions être ici ».

« Chaque génération s’efforce de faire mieux que la précédente. Je crois que nous devons être à l’écoute des besoins et nous efforcer de laisser derrière nous un monde meilleur. »

Le Mois national de l’histoire autochtone est l’occasion de reconnaître le patrimoine, les langues, les pratiques culturelles et les croyances spirituelles des Premières Nations, des Inuits et des Métis et d’en apprendre davantage sur ces sujets. Cette année en particulier, le Mois national de l’histoire autochtone nous donne l’occasion de réfléchir à l’histoire et aux forces des peuples autochtones de Turtle Island.

À l’occasion du Mois national de l’histoire autochtone, quelques membres autochtones de la toute nouvelle équipe Engagement communautaire et collaboration auprès des Autochtones de Rogers partageront leur histoire. L’équipe Engagement communautaire et collaboration auprès des Autochtones dirige le développement et la concrétisation de nos plans d’engagement et de nos efforts de collaboration auprès des Autochtones et se concentre sur les partenariats dirigés par les communautés. Ses membres sont des bâtisseurs de relations qui tissent des liens de confiance avec les communautés et les entreprises autochtones ainsi qu’avec les organismes de développement économique pour veiller à ce que les besoins de nos clients autochtones soient vraiment compris.

Jennifer Campeau est chef principale au sein de cette équipe  et elle nous a fait part de son point de vue sur l’importance du Mois national de l’histoire autochtone et sur ce que sa nouvelle équipe signifie pour elle.

Qu’est-ce que cette équipe représente pour vous, tant sur le plan professionnel que personnel? 

En tant qu’éducatrice ayant travaillé auprès des Autochtones, je peux vous dire que cette démarche est importante et qu’elle a une incidence sur la qualité de vie fondamentale de ceux-ci. Nous travaillons activement à combler le fossé numérique au sein des communautés autochtones mal desservies.  Cette démarche a une incidence considérable sur la façon dont les communautés autochtones peuvent accéder à l’éducation, à la formation et aux occasions d’affaires. Elle permettra également la préservation de la culture et de la langue ainsi que l’accès à l’innovation et à d’autres moyens de soutenir ces types d’initiatives. 

Que signifie le Mois national de l’histoire autochtone pour vous? 

C’est une occasion de présenter et de souligner l’histoire de la colonisation de ce pays et de ses effets négatifs directs, c’est-à-dire l’adoption de la Loi sur les Indiens, la mise en œuvre des pensionnats et la perte des langues et des cultures, mais aussi les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). C’est aussi une occasion de célébrer les forces et la richesse des cultures des peuples autochtones de Turtle Island. C’est une chance d’en apprendre davantage sur les cultures et les pratiques des Premières Nations, des Métis et des Inuits, qui peuvent s’exprimer sous forme de cérémonies, de récits, d’œuvres d’art, de danse, de musique et de partage de nourriture. Il est également important de savoir quels hôtes autochtones sont liés à la terre, et nous effectuons la reconnaissance des terres pour nous le rappeler.

Y a-t-il une personne de la communauté autochtone qui vous a inspirée ou qui vous inspire aujourd’hui? 

Je pense toujours à Roberta Jamieson quand on me pose cette question. C’est une femme qui a ouvert de nombreuses portes : la première femme autochtone à obtenir un diplôme en droit et la première femme à occuper le poste d’ombudsman en Ontario, entre autres.

Elle a récemment pris sa retraite du poste de chef de la direction d’Indspire, un organisme de bienfaisance dirigé par des Autochtones qui finance les études postsecondaires d’étudiants autochtones et célèbre l’excellence de ces peuples. Elle a également eu une influence positive sur les études de plus de 42 000 étudiants autochtones pendant son mandat. Le travail qu’elle a accompli pour aider ceux-ci permettra d’améliorer leur qualité de vie et leur sécurité économique tout au long de leur vie.  Sa collaboration et ses conseils sont extrêmement sollicités. Elle est actuellement coprésidente du nouveau Conseil consultatif autochtone de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) et siège au conseil d’administration de Deloitte Canada.  Elle est certainement un modèle dans l’espace des peuples autochtones.

Quelles paroles inspirantes transmettriez-vous aux jeunes enfants autochtones d’aujourd’hui?

Je voudrais leur rappeler qu’ils ont une place dans notre société, qu’ils sont aimés, valorisés, spéciaux, qu’ils proviennent d’un milieu culturellement riche et qu’ils méritent une bonne qualité de vie. Il s’agit de « Mino-Bimadiziwin », que l’on peut traduire par « la belle vie » en anishinaabemowin. Chaque génération s’efforce de faire mieux que la précédente. Je crois que nous devons être à l’écoute des besoins et nous efforcer de laisser derrière nous un monde meilleur. Nous devons aussi nous souvenir de ceux qui étaient là avant nous et de ce qu’ils ont enduré pour que nous puissions être ici.