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Mois du patrimoine asiatique — Jaiza Razick n’a que quatre mots à dire : « Je suis chez moi »

mai 13, 2021

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Pour souligner le Mois du patrimoine asiatique, nous avons demandé à Jaiza Razick, superviseure de la gestion des stocks à OMNI Television, de nous parler de sa jeunesse au Sri Lanka, de son immigration au Canada et de la façon dont elle perpétue sa culture et son patrimoine au sein de sa famille.

Voici ce qu’elle avait à dire :

Qu’est-ce qui vous a amenée au Canada?

J’ai grandi au Sri Lanka, et c’était magnifique. La culture est très traditionnelle, et son patrimoine et son héritage sont très forts. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai commencé ma carrière dans le domaine de la publicité et je suis passée à l’achat et à la vente de contenu médiatique international. J’ai gravi les échelons jusqu’à ce que je devienne superviseure. Je me suis mariée assez tôt, comme beaucoup d’autres filles sri-lankaises, et ma vie a été aussi belle que possible, mais la femme indépendante en moi voulait quitter son petit pays.

Mon mari et moi avons toujours été des passionnés de voyages, et au début de mon mariage, nous avons décidé que ce que nous voulions, c’était déménager dans un autre pays et nous plonger dans une nouvelle culture.

Dès mon arrivée à Victoria, en Colombie-Britannique, j’ai eu l’impression d’être chez moi. Lors de mes tout premiers pas dans l’avion et lorsque j’ai senti le vent sur mon visage, j’ai réalisé que « je suis ici pour de bon ».

Les Sri-Lankais sont des personnes très heureuses, sympathiques et généreuses. On croit à tort que lorsque nous arrivons dans un pays étranger, nous oublions qui nous sommes et nous absorbons l’environnement dans lequel nous vivons. J’ai pu trouver un équilibre entre les deux cultures dans ma vie, ce qui m’a permis de mieux comprendre qui je suis et ce que je veux dans la vie.

Parlez-nous du début de votre carrière au Canada.

Lorsque nous sommes arrivés à Victoria, j’ai décroché un emploi quelques mois après avoir obtenu le statut de résidente. J’ai eu le privilège de trouver quelque chose dans mon domaine, et je ne le tiendrai jamais pour acquis, car je sais qu’il y a beaucoup d’immigrants nouvellement arrivés qui n’ont pas la même expérience que moi.

Ce que j’ai appris au cours de ma carrière, c’est qu’il y a de nombreuses variables qui échappent à mon contrôle. Je ne peux pas contrôler mon apparence, la couleur de mes cheveux, mon accent ou mon origine. Mais il y a aussi des aspects qui n’échappent pas à mon contrôle et que je peux utiliser à mon avantage, comme ma solide éthique de travail, ma résilience et mon vif désir de réussir.

Les gens me demandent souvent si j’ai ressenti du racisme pendant que je bâtissais ma carrière ici. Je reconnais que le racisme existe, mais j’ai eu la chance de ne pas l’avoir vraiment vécu. Ce que je peux contrôler, c’est la façon dont je l’aborde et mon attitude à la suite de cette épidémie raciale. Je choisis d’éduquer les personnes sur ma culture et mes aptitudes, et j’espère qu’ils apprendront, évolueront et accepteront toutes les cultures.

Vos filles sont élevées comme Canadiennes de première génération, et l’expérience de leur enfance au Canada est très différente de la vôtre au Sri Lanka. Parlez-nous de cela.

Certaines personnes croient qu’il y a des écarts culturels entre les parents immigrants et les enfants canadiens de première génération. Je crois qu’il est important d’enseigner à mes filles leur héritage, mais je crois que cela doit être fait avec modération. Je suis toujours prête à leur enseigner notre culture, la nourriture, la religion et la façon dont je m’habille, mais je n’essaie pas de les forcer à se conformer à une culture, sauf si elles le souhaitent. Je veux qu’elles développent leur propre identité, mais par-dessus tout, je veux souligner, à mes filles, que c’est une période propice à la tolérance et à l’ouverture. Nous observons énormément de diversité et de culture au Canada, et nous devrions tous, quelles que soient nos origines, jouir des mêmes libertés et possibilités que les autres, sans avoir à sacrifier notre authenticité. J’ai très hâte de voir ce que l’avenir nous réserve!

Je les ai ramenées au Sri Lanka à plusieurs reprises pour leur donner une idée de nos origines. Elles adorent les plages, les montagnes et les rencontres familiales. Même si je m’ennuie du Sri Lanka de temps à autre, le Canada, c’est chez moi. Je me suis toujours sentie acceptée par ce pays. C’est ce que je ressens depuis que je suis arrivée ici, et encore plus maintenant que j’y ai bâti ma vie.