Skip to main content

L’Australie

L’Australie est un pays comparable au Canada : son territoire est vaste, la densité de sa population est faible et les températures y sont extrêmes. L’Australie fait également partie de ces pays dont les tarifs des services téléphoniques et Internet sont souvent comparés à ceux du Canada. Nous soutenons que la performance d’un pays dans ce secteur doit être évaluée dans son ensemble, et non uniquement en fonction du prix.

Il y a quelque chose de contradictoire dans la performance du marché australien des services à large bande. En effet, selon le dernier rapport Ookla Speedtest, les vitesses de téléchargement offertes sont les plus élevées pour les services mobiles à large bande et les plus basses pour les services fixes à large bande¹.


Comment en sommes-nous arrivés là?

Le marché du sans-fil australien est passé de quatre exploitants nationaux à trois en 2010, lorsque Vodafone Australia a fusionné avec Hutchison Telecommunications Australia pour former VHA. Il est maintenant composé de Telstra (49,2 % des parts), d’Optus (33 % des parts) et de Vodafone (17,5 % des parts), ce qui en fait un marché plus concentré que celui du Canada².

En Australie, les fournisseurs de services sans-fil exploitent tous des réseaux nationaux (il n’y a pas d’acteurs régionaux), et on y trouve des opérateurs de téléphonie mobile sans réseau (ou revendeurs). La part de marché de ces derniers est en baisse (actuellement à environ 10 %). Ce pourcentage équivaut à la part de marché des exploitants de services sans-fil régionaux du Canada (Shaw, Vidéotron et Eastlink). La différence, bien sûr, c’est que les exploitants régionaux au Canada ont investi dans la construction des infrastructures, contrairement aux revendeurs australiens qui, eux, ne font que des arbitrages.

En 2017, TPG, alors un revendeur en Australie, avait comme plan de devenir le quatrième exploitant de réseau du pays. Il lui a toutefois été impossible de faire cavalier seul après que le gouvernement australien a décidé de bannir Huawei, le fournisseur privilégié de TPG. En 2018, TPG et VHA ont décidé de fusionner. La Commission australienne de la concurrence et des consommateurs a bloqué l’entente pour des raisons de concurrence, insistant sur la présence de quatre exploitants de réseau sur le marché. TPG a fait appel auprès de la Cour fédérale de l’Australie, qui a donné son feu vert à la fusion. En juillet 2020, l’entente a été conclue, démontrant qu’une structure nationale à trois exploitants est logique en raison de la capacité combinée des deux entreprises à concurrencer leurs rivaux les plus importants. De la même manière, T-Mobile et Sprint ont fusionné pour devenir le troisième exploitant regroupé aux États-Unis. Au Canada, la fusion de Rogers et de Shaw créera un réseau national robuste en propriété exclusive, qui viendra concurrencer le réseau partagé de Bell et Telus dans le secteur du sans-fil. Dans le cadre de cette fusion, les investissements augmenteront de 2,5 milliards de dollars dans l’Ouest canadien et créeront 3 000 nouveaux emplois nets, et 1 milliard de dollars seront consacrés à un Fonds pour la connectivité rurale et autochtone.

Passons maintenant à la connectivité à large bande fixe en Australie.

L’Australie a maintenant un réseau nationalisé de services à large bande de gros, le National Broadband Network (NBN). Dès ses débuts, le NBN a été un projet extrêmement coûteux et très controversé, et il est toujours inachevé. Le gouvernement australien de l’époque a conceptualisé le NBN en 2007 dans le but initial d’offrir la connectivité par fibre optique à 90 % de la population australienne. En 2010, il a augmenté cet objectif à 93 %. Le projet a commencé en 2011 et, en 2013, il a été modifié après l’élection d’un nouveau gouvernement fédéral. En raison de préoccupations concernant les dépassements de coûts et les retards prévus dans la construction, il est passé d’un projet de connectivité uniquement par fibre optique à un projet qui recourt à diverses technologies de dernière génération. En 2014, il avait été estimé qu’une fois le projet achevé, seulement 26 % des foyers seraient connectés à la fibre optique. En 2020, les responsables du NBN ont annoncé que le service offert par fibre optique jusqu’au domicile, par fibre jusqu’au nœud, par câble, par Internet sans fil et par satellite était achevé à 99 %.

Au début des travaux, le coût total avait été estimé à 43 milliards de dollars australiens. En 2018, le coût du projet dépassait déjà ce budget de 10 milliards de dollars australiens et en 2020, le gouvernement a annoncé un investissement supplémentaire de 4,5 milliards de dollars australiens, augmentant encore le coût de ce projet coûteux financé par les contribuables. 

Revenons maintenant au début.

Dans le secteur du sans-fil, où l’Australie est en tête, la concurrence a permis au marché de prospérer. En ce qui concerne le service fixe à large bande, de nombreux remaniements forcés ont donné lieu à un réseau coûteux, fragmenté et lent. Jugé dans son ensemble, le service à large bande de l’Australie semble médiocre.

Le Canada, en revanche, s’en sort très bien en offrant des vitesses parmi les plus rapides sur les réseaux fixes et sans-fil. Notre gouvernement a une feuille de route pour notre avenir numérique et, en partenariat avec lui, nous allons de l’avant pour combler le fossé numérique grâce à la qualité et la vitesse des réseaux de communications qui font la réputation du Canada.

Charit Katoch, directeur, Politique publique


¹ Dans le graphique, les étiquettes de l’axe des X montrent le classement de chaque pays à l’échelle mondiale : Speedtest Global Index (index mondial de Speedtest pour les vitesses Internet).
² Estimations pour mars 2021 de Telegeography : https://www2.telegeography.com/.