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Ensemble avec fierté : Naadia partage son parcours vers l’acceptation de soi et les répercussions positives de l’authenticité

juin 30, 2022

Articles

Pendant les célébrations du Mois de la Fierté chez Rogers, nous présentons les histoires de quelques membres qui s’identifient comme faisant partie de la communauté 2SLGBTQ+. Les membres partageront leurs histoires personnelles en toute ouverture et vulnérabilité et témoigneront de ce que le Mois de la Fierté signifie pour elles et eux. Cliquez ici pour en apprendre plus sur la façon dont Rogers célèbre l’inclusion et la diversité pendant le Mois de la Fierté et au-delà. 

Naadia est conseiller·ère principal·e, Technologies. Après un changement de carrière, Naadia a décidé de se joindre à notre équipe et est d’avis que son succès découle de la confiance et la détermination obtenues grâce à l’acceptation de son identité queer et non binaire.  Dans ses temps libres, Naadia aime parfaire ses connaissances culinaires, communier avec la nature et est constamment à l’écoute des autres afin de renforcer ses pratiques en matière d’aide communautaire.  

 Voici l’histoire de Naadia : 

Tu nous as dit que tu es queer et non binaire, ainsi qu’une personne neurodivergente. Peux-tu nous expliquer pourquoi tu crois que ces identités sont liées? 

Lorsque j’étais enfant, on me disait constamment que mon comportement n’était pas acceptable ou qu’il ne correspondait pas aux attentes des autres. Les codes sociaux tacites ne me semblent pas logiques, et les normes liées aux genres ne font pas exception. Je ne m’intéressais pas aux mêmes activités que les garçons ou les filles de mon âge, et je savais pertinemment que je ne serais pas en mesure de m’intégrer, même si j’essayais. Si j’ai passé autant de temps par moi-même, était-ce à cause de mon genre différent ou de mon cerveau différent? C’est impossible d’envisager l’un sans l’autre. 

Tu travailles actuellement à titre de conseiller·ère principal·e, Technologies chez Rogers, même si, à l’origine, tu n’as pas étudié en technologie. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours pour trouver ton identité authentique? 

J’ai passé beaucoup de temps sur l’ordinateur dans ma jeunesse. En ligne, j’avais la liberté de poursuivre tous les intérêts que je voulais, de manière indépendante, et j’ai constaté que j’étais capable d’acquérir de nouvelles compétences techniques facilement. J’ai beaucoup réfléchi aux raisons pour lesquelles cela n’a pas été mon premier choix de carrière. Je crois que c’est en grande partie parce que j’avais peur d’être moi-même. 

Si, au secondaire, on m’avait demandé une liste de raisons pour lesquelles je n’étais pas capable de m’intégrer aux autres, j’aurais dit que j’étais trop logique, que je faisais preuve d’une trop grande indépendance et que je ne m’intéressais pas assez aux interactions sociales; ce sont tous des traits de personnalité qui ne cadrent pas avec la définition de la féminité. Par un désir de m’assimiler aux autres, j’ai appris à cacher des aspects de ma personnalité. Lorsqu’est venu le moment de choisir un cheminement de carrière, je me souviens d’avoir imaginé une personne technicienne typique et d’avoir ressenti une aversion à l’idée qu’on puisse m’associer aux traits dont j’essayais de me départir. J’ai soumis ma candidature pour des programmes d’études qui étaient davantage axés sur la société et qui ne me permettaient pas d’optimiser mes compétences.  

J’avais intériorisé cette idée que je trouverais le bonheur si je pouvais simplement « m’améliorer » dans des domaines où j’avais apparemment des lacunes. Je n’avais pas réalisé que ce faisant, je refoulais mon identité authentique. Je pense que c’est en grande partie la raison pour laquelle, même si je ne me considérais pas vraiment comme hétéro, il m’a fallu beaucoup de temps avant que je reconnaisse consciemment que j’avais ma place dans la communauté 2SLGBTQ+. Je me faisais trop de soucis à essayer d’être quelqu’un d’autre. 

Bien sûr, lorsque j’ai atteint tous les jalons traditionnels que je croyais vouloir franchir, je n’avais aucun sentiment d’accomplissement. Je me suis donné la permission de lâcher prise sur des valeurs qui n’avaient jamais été chères à mes yeux. J’ai quitté mon emploi. Des proches qui se faisaient du souci pour moi m’ont appelé pour m’aider à réseauter, mais j’ai senti, plus que jamais, que j’étais sur la bonne voie. J’ai commencé à m’entourer de gens qui m’acceptaient pour qui j’étais. J’ai entretenu des amitiés plus étroites, ce qui m’a permis de gagner une confiance en moi-même que je n’ai jamais eue dans ma vie et de réorienter ma carrière dans un domaine que j’aime et qui me permet d’optimiser mes compétences.  D’une certaine façon, j’ai toujours l’impression d’être au début de mon histoire. Je pense que j’ai beaucoup de chance d’avoir eu tant de soutien chez Rogers alors que j’essayais de trouver du sens aux choses. Le fait de me sentir à l’aise d’être authentique dans toutes les sphères de ma vie change réellement la donne, en plus de me permettre d’exceller davantage dans ce que je fais. 

  1. Avec le recul, quel message transmettrais-tu à une version plus jeune de toi au sujet de l’acceptation et de la célébration de soi? 

Il ne faut pas se contenter de se faire accepter par les autres si c’est au détriment de soi-même. Il y a des gens qui vous comprendront et qui accorderont de la valeur à votre vision du monde, et si vous continuez à essayer de vous intégrer, vous ne trouverez pas ces personnes. Je le garantis, dès que vous commencez à vivre selon vos propres règles, toutes les autres deviennent beaucoup moins importantes.